Un café pas comme les autres

Jeudi matin, 9 h 30, j’ai rendez – vous rue de Réaumur, dans un café, pour une réunion, une rencontre d’entrepreneurs, de développeurs autour des nouvelles technologies…
Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, le thème est vague, mais j’y vais quand même. De toutes façons, depuis 10 ans, j’ai pour habitude de débuter ma journée au bistrot du coin, autant pour une fois, le partager avec des personnes du même milieu professionnel que moi.

Quinze minutes ou presque de retard, mais j’ai des super excuses travaillées depuis ma première année de primaire. Cette fois, je suis allée trop loin dans la rue, je suis passée devant le Baggels Bar avec de délicieuses petites recettes très appétissantes, un thème à développer dans un de mes prochains articles… Bref, on ne change pas ses bonnes habitudes, et je suis une nouvelle fois en retard.

A l’entrée, cinq personnes sont autour d’une table avec le sourire aux lèvres et partagent un café. C’est sympa, c’est rassurant, on a envie d’aller vers eux, et surtout ça fait du bien.

– Salut, tu viens pour l’off café?
– L’off café ? euh oui, certainement, moi je me suis inscrite à l’open coffee
– C’est bien ça, c’est ici. Installe-toi et bienvenue
Avant de m’installer, je vais commander un café. On ne sait jamais, dans open coffee, y’a «coffee», et j’aimerais bien atteindre 50% de mes objectifs dans cette réunion.

Ca fait toujours plaisir de voir des nouveaux arrivants, une femme qui plus est…
Bon, soit c’est une technique de drague, soit je me suis habillée comme un sac et il vient juste de se rendre compte que j’étais du sexe dit faible, soit, c’est comme d’habitude, je fais partie des 0,0001% de la population féminine qui s’intéresse à la technique. J’opte pour la 3ème solution

– Salut ( un jeune homme s’adresse à moi) moi je fais des réseaux de neurones
– OK, bien sûr mais qu’on précise un peu, quand tu me parles de «neurones», tu penses à synapses, connexion, mouvement ou la société de services??
– Non je parle d’intelligence artificielle, d’objets connectés, de créer un algorithme proche du système nerveux humain, pour créer une machine autonome qui devrait surpasser l’intelligence humaine.
Le ton est lancé, ma blague est tombée à l’eau et je comprends que «coffee» veut bien dire «café», qu’”open» veut dire, discussion technique, philosophique autour de sujets complexes.
C’est le départ d’une discussion enflammée, sur l’apprentissage, la révolution industrielle, l’inné, l’acquis, le don…
Je ne m’attendais pas à cela, des fois, je me perds, des fois je m’accroche, d’autres fois je me régale… En même temps tout est possible autour d’un verre et surtout d’un café !

Une femme entre, vérifie que son associé, et accessoirement organisateur, est bien présent. Enfin si on peut appeler ça de la «vérification» en tant qu’associé, enfin bref, je me comprends.
Elle a le peps cette nana, elle entre dans la discussion, prend part aux sujets philosophiques, jongle avec quelques termes marketing. Dans sa lancée, elle est intriguée par une nouvelle présence féminine et nous faisons connaissance. C’est rapide, simple sans chichis…
– Pourquoi les femmes ne participeraient pas plus aux brainstorming, aux événements autour du web?
C’est toujours la même réponse, un manque de temps. On arrive vers 30 ans, la plupart d’entre nous, les plus chanceuses, ou pas, sommes jeunes mamans. Alors, oui, ça ne nous empêche pas d’avoir plein d’idées, de prendre part à ce monde réactif, dynamique et plein d’avenir mais voilà, l’éducation de nos enfants passe avant tout… On fait ce qu’on peut… Et… Et… J’aimerais tellement rester en contact avec vous car nous avons plein de choses à partager.

Tiens d’ailleurs, nos enfants, les enfants, c’est un des arguments qui revient dans nos débats philosophiques, et si on faisait l’apprentissage par le web? euh là non je dérape, ou pas ?
Mais le système d’apprentissage d’un enfant ? peut-on intégrer ce système d’apprentissage à une machine?
Et notre rôle de créateur ? celui d’un adulte, d’un parent envers son enfant ?
N’y-a-t’il  pas une angoisse de créer une machine ayant cette capacité infinie d’apprendre sans savoir quels seront les effets ?
Les développeurs nous soutiennent que c’est possible d’instaurer un algorithme qui développera l’apprentissage de la machine..
D’autres, plus cartésiens, pensent que l’intelligence émotionnelle n’est pas codable, que cela dépend des dispositions génétiques de chacun…

Pour conclure, ce fut un pur moment de plaisir, de débattre, d’échanger, philosopher, construire peut-être. Après 2 heures (je n’ai pas vu le temps passer) il faut bien retourner au bureau, bah oui… la productivité au moins c’est concret, pis j’ai un associé qui m’attend (bref, je me comprends une deuxième fois)
J’ai la tête comme une pastèque pressée dans une passoire où s’écoule le flot de connaissances, d’arguments et de contre arguments.
Ce n’est pas grave, Monsieur Réseaux Neurones m’a envoyé plusieurs articles en me citant Einstein (que je salue). Je compte bien les lire. Je ne comprendrais peut être pas tout, mais je lui répondrai certainement.

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